Un interrupteur va-et-vient permet de commander un même point lumineux depuis deux endroits distincts. Le mécanisme Legrand utilise trois bornes sur chaque interrupteur, reliées par deux fils navettes qui assurent la commutation du circuit d’éclairage. Comprendre le rôle de chaque fil et de chaque borne est le préalable à toute intervention sur ce type de montage.
Principe électrique du va-et-vient Legrand : phase, navettes et retour lampe
Le circuit va-et-vient repose sur un mécanisme simple. Le fil de phase arrive sur la borne repérée « L » du premier interrupteur. Deux fils navettes relient les bornes 1 et 2 du premier interrupteur aux bornes 1 et 2 du second.
Sur le deuxième interrupteur, la borne « L » envoie le courant vers la lampe par un fil dit « retour lampe ». Le neutre, lui, est raccordé directement à la lampe sans passer par les interrupteurs.
L’ordre de branchement des navettes sur les bornes 1 et 2 n’a pas d’importance sur un mécanisme va-et-vient standard. Chaque interrupteur bascule entre ses deux navettes, ce qui permet d’allumer ou d’éteindre depuis l’un ou l’autre point de commande.
Repérer les fils par leur couleur
La couleur des conducteurs peut varier selon l’âge de l’installation. Deux fils restent normés : le fil de terre vert et jaune et le fil neutre bleu. Pour la phase, le retour lampe et les navettes, les couleurs dépendent de l’installateur d’origine.
Sur les schémas Legrand, la phase est souvent représentée en rouge, les navettes en orange et le retour lampe en violet. Dans une installation ancienne, un multimètre ou un testeur de phase est le seul moyen fiable de distinguer chaque conducteur.

Sécurité électrique avant câblage d’un interrupteur va-et-vient
Toute intervention sur un circuit électrique impose de couper l’alimentation au disjoncteur du tableau. Couper uniquement l’interrupteur mural ne suffit pas : le neutre peut rester sous tension selon le câblage existant.
Après coupure au tableau, vérifiez l’absence de tension avec un VAT (vérificateur d’absence de tension) directement sur les fils du boîtier. Un simple tournevis testeur détecte la phase mais ignore un défaut sur le neutre.
- Couper le disjoncteur dédié au circuit d’éclairage, pas seulement le disjoncteur général (pour garder de la lumière dans les autres pièces pendant le travail)
- Tester chaque fil présent dans le boîtier d’encastrement avec un appareil adapté
- Ne jamais travailler les mains mouillées ni dans un environnement humide, même hors tension
- Prévenir les autres occupants pour éviter toute remise sous tension accidentelle
Le câblage d’un interrupteur va-et-vient est soumis à la norme NF C 15-100. Cette norme a fait l’objet d’une révision majeure publiée par l’AFNOR en août 2024, devenue une série de 21 documents NF C 15-100-X applicables aux installations neuves, extensions et modifications.
Hauteur réglementaire et positionnement d’un interrupteur va-et-vient Legrand
Les tutoriels de câblage omettent souvent un point réglementaire : la hauteur de pose. La NF C 15-100 fixe la hauteur des interrupteurs entre 0,90 m et 1,30 m du sol fini. Cette plage a été confirmée par l’édition 2024 de la norme, notamment pour respecter les critères d’accessibilité PMR.
En pratique, la majorité des électriciens posent les interrupteurs à environ 1,10 m du sol, un compromis entre confort d’utilisation debout et accessibilité en fauteuil roulant.
Pour un va-et-vient dans un couloir ou un escalier, vérifiez que les deux points de commande respectent cette plage. Un interrupteur posé trop bas (sous 0,90 m) ou trop haut (au-dessus de 1,30 m) rend l’installation non conforme, ce qui peut poser problème lors d’un contrôle Consuel sur une construction neuve ou une rénovation lourde.

Schéma de branchement va-et-vient Legrand en pratique
Le raccordement se décompose en deux étapes : câbler le premier interrupteur, puis le second.
Premier interrupteur
Raccordez le fil de phase (provenant du disjoncteur 10A du tableau) sur la borne « L ». Branchez les deux fils navettes sur les bornes 1 et 2. Le fil de terre rejoint la borne de terre du boîtier si l’interrupteur est encastré dans un cadre métallique.
Second interrupteur
Les deux navettes arrivant du premier interrupteur se connectent aux bornes 1 et 2. Le fil de retour lampe (qui part vers le luminaire) se branche sur la borne « L ». Le neutre et la terre sont raccordés directement au luminaire, sans transiter par cet interrupteur.
- Vérifiez le serrage de chaque borne : un fil mal serré provoque des échauffements et des arcs électriques
- Utilisez des embouts de câblage si les fils sont souples (câble multibrins), pour garantir un contact fiable dans les bornes automatiques Legrand
- Avant de remettre le courant, contrôlez visuellement qu’aucun fil dénudé ne dépasse du mécanisme
Test après remise sous tension
Testez les deux interrupteurs dans toutes les combinaisons : chaque interrupteur doit pouvoir allumer et éteindre la lampe indépendamment de la position de l’autre. Si la lampe ne s’allume que depuis un seul interrupteur, les navettes sont probablement inversées avec le retour lampe sur l’un des deux mécanismes.
Erreur fréquente : confondre va-et-vient et simple allumage Legrand
Un interrupteur va-et-vient Legrand possède trois bornes (L, 1, 2). Un interrupteur simple allumage n’en a que deux (L et 1). Les deux se ressemblent physiquement dans les gammes Céliane, Dooxie ou Mosaic.
Un va-et-vient peut remplacer un simple allumage, en laissant une borne navette inutilisée. L’inverse est impossible : un simple allumage câblé en va-et-vient ne fonctionnera pas, faute de la troisième borne.
Lors de l’achat, vérifiez la référence exacte sur l’emballage. La mention « interrupteur ou va-et-vient 10A » sur les produits Legrand signifie que le mécanisme est conçu pour les deux usages. Un mécanisme marqué uniquement « interrupteur 10A » sans la mention va-et-vient ne comporte que deux bornes.
Le choix du bon mécanisme et le respect de la norme NF C 15-100 conditionnent la sécurité du circuit d’éclairage. En cas de doute sur le repérage des conducteurs ou l’état de l’installation existante, faire intervenir un électricien qualifié reste la seule garantie de conformité.

